RENOLSE

Calebasse de solidarité

La calebasse de solidarité est une émanation volontaire de personnes, vivant ensemble dans un esprit de confiance. Elle traduit des gestes concrets de solidarité comme les prêts collectifs sans intérêts en argent ou en produits de
première nécessité pour la nourriture, la santé et l’éducation des enfants. L’initiative est symbolisée par une calebasse qui incarne l’abondance et l’expansion mais aussi la solidarité qui sous-tend l’accès libre et volontaire de tous au repas collectif. Elle est très souvent recouverte d’un morceau de tissu, blanc pour la confidentialité.

La  calebasse  de  solidarité  est  une  approche  de  proximité  qui  vise  le  renforcement  de  la solidarité,  la  réduction  des  inégalités  et  la  protection  contre  toutes  les  formes  d’usure.  Sa finalité est de se libérer de l’endettement en mangeant à sa faim, se soigner et s’éduquer. Elle est  fondée  sur  des  principes  et  valeurs  de  transparence  dans  la  gestion  des  ressources,  et d’équité dans l’accès aux services.

Les cibles de la calebasse de solidarité sont les hommes et femmes vivants en milieu rural et périurbain aux revenus économiques très modestes. Il s’agit de paysans et paysannes touchés par le phénomène de la soudure et victimes de l’emprise des usuriers ; des « rurbains » ayant du  mal  à  s’adapter  aux  nouvelles  conditions  de  vie en  ville  avec  les  systèmes  économiques très monétarisés, des pêcheurs victimes de la pêche illégale et de la raréfaction des ressources halieutiques.

La mise en œuvre de la calebasse de solidarité au Sénégal, a bénéficié de l’appui financier et technique d’Action de Carême (AdC) et de sa Coordination Nationale. Les autorités locales et les services techniques participent aux rencontres de sensibilisation.

Les religieux, les notables coutumiers s’impliquent également dans le fonctionnement des calebasses.

Dans  chaque  zone,  le  processus  de  mise  en  place  de calebasse  commence  par  un  diagnostic participatif  de  la  soudure  et  de  l’endettement.  Cette  étude  montre  à  chaque  fois  que  les ménages  ruraux  et  périurbains caractérisés  par  des moyens  d’existence  fragiles  et  un  accès limité aux ressources productives sont victimes de ce phénomène.

Dans  ces  milieux,  les  difficultés  liées  à  l’accès  aux  facteurs  de  production,  la  mauvaise gestion  des  revenus  et  l’exclusion  des  catégories  les  plus  faibles  aux  décisions,  mettent  en permanence  les  populations  dans  des  situations  inconfortables.  Les mécanismes locaux de solidarité comme l’entraide, l’assistance communautaire et le travail collectif sont affaiblis.

L’individualisme  ou  « bopp  sa  bopp »,  les  inégalités  sociales  et  l’usure  économique  sous toutes ses formes s’y développent. Depuis  des  décennies,  plusieurs  initiatives  de  caisses  ont  été  menées  par  divers  acteurs, notamment les organisations communautaires de base (OCB), les Groupements de Promotion Féminine (GPF), les Groupements d’Intérêt Économique (GIE), les Groupement d’épargne et de  Crédit  (GEC)  et  à  plusieurs  niveaux,  quartier,  village  et  communautaire.  Il  s’agit  de tontines  avec  les  femmes  et  de  caisses  d’épargne  et  de  crédit  villageoises  et/ou  de groupements. Ces dynamiques économiques dites solidaires, procèdent par la mobilisation des
fonds  sous  forme  de  cotisations  dont  le  montant  et la  périodicité  excluent  les  plus  démunis. Elles  « décapitalisent »  et  désorientent  l’économie  de  leurs  adhérents  pour  constituer  des capitaux qui échappent à ces derniers. Le plus souvent, ces caisses dépendent des cotisations, des  crédits  usuriers  et  des  dons  des  bailleurs  (politiques  et  autres)  pour  se  développer.  Les mutuelles d’épargne et de crédit sont une illustration des systèmes de « décapitalisation » des plus démunis entrainant l’installation de la soudure et de l’endettement.

About Author: renolse

Image de marque