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Commerce équitable

Au Sénégal, les pratiques commerciales violent les droits des petits producteurs. En effet, les intermédiaires et les grands commerçants, dotés d’une forte puissance financière imposent leurs prix et leurs règles aux producteurs et consommateurs. Les producteurs vendent leurs récoltes à bas prix pour les racheter à des commerçants à des prix très élevés en période de soudure. Ceci entraine l’insécurité alimentaire et l’endettement auprès de ménages sénégalais.

Fort de ce constat, Action de Carême suisse (ADC) et ses partenaires au Sénégal, se sont engagés depuis 2005 à promouvoir une vision intégrale du développement. Leur logique d’intervention est de combattre la pauvreté et changer les rapports entre les acteurs économiques. Ainsi, le commerce équitable a été reconnu comme pratique transversale pour lutter contre la soudure et l’endettement.
Selon FINE (2001), le Commerce équitable (CE) est un partenariat commercial solidaire fondé sur le dialogue, la transparence et le respect qui assure aux acteurs des revenus décents et des produits de qualité.
Le commerce équitable a été adopté comme stratégie pour favoriser un écoulement des surplus de production entre les zones excédentaires et les zones déficitaires.

Les principes et les règles du commerce équitable sont centrés sur l’équité dans les échanges le respect des droits fondamentaux des personnes, la transparence des informations, le fonctionnement démocratique des organismes coopératifs une plus grande prise en compte de l’environnement et des valeurs de solidarité.
Amélioration des conditions de vie des producteurs
Depuis 2012, date de mise en pratique du commerce équitable local par le réseau des partenaires ADC, plusieurs avancées ont été notées. Parmi celles-ci, un meilleur accès au marché équitable avec de meilleures conditions commerciales (prix, qualité), l’existence d’un réseau d’acteurs qui partagent un cahier de charge, le renforcement des capacités des acteurs tels que les organisations de producteurs, les transformateurs et les consommateurs.  D’autres points positifs observés comme la promotion du commerce équitable locale (formation, éducation, information, communication, mise en relation), une meilleure rémunération des producteurs et un changement du niveau de vie des petits producteurs.

En sus d’un renforcement de la notoriété, des résultats profitant à toute la chaine commerciale (du producteur au consommateur) mais aussi à la communauté ont été obtenus.  Par ailleurs, le développement de l’esprit d’entreprenariat au niveau des bénéficiaires (développement de Mécanismes d’Autofinancement, champs collectifs, achats groupés et prestations de service) autour des caisses, la prise de conscience des effets néfastes du commerce conventionnel (prix- qualité) et le renforcement de la capacité de négociation (structure de prix, qualité) se sont beaucoup développés. Entre 2011-2014, 277 tonnes de produits alimentaires échangés entre les partenaires dans le cadre du commerce équitable.
Il convient de souligner aussi la redynamisation des communautés, le meilleur engagement dans l’agriculture biologique, la réduction de l’exode rural des jeunes et des femmes, le renforcement organisationnel (réseau de producteurs, coopératives etc.) ainsi que la prime équitable reversée à la communauté pour des activités d’utilité publique.

   1 Le système de garantie participatif est un système d’assurance qualité destiné au marché local.

Il permet de certifier des producteurs et leurs produits sur la base d’une participation active des acteurs concernés et est construits sur la base de la confiance, de réseaux et de connaissances (producteurs, clients et autres), il convient d’informer le maximum d’acteurs par le biais d’émissions radiophoniques en langues locales.
Au même titre que les équipes techniques, les organisations des producteurs et autres acteurs à la base, prennent des engagements en termes de respect des cahiers de charges, d’acceptation du S.G.P et d’échanges de produits.
Dans le commerce équitable local, le partenariat est accompagné d’une information fiable et à temps réel sur la disponibilité d’un produit (producteur) ou l’expression du besoin d’un produit (client), d’une intermédiation (négociation, envoie échantillon, validation contrat, contrôle de qualité, livraison, paiement) et d’un système de suivi évaluation.
Sur une base participative, les acteurs élaborent et partagent des outils tels que le cahier de charges, le système de garantie, les fiches de présentation de produits, les contrats, les bordereaux de livraison, les factures de paiement.

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