RENOLSE

Conventions locales

Le Sénégal est un pays sahélien dont plus de 20% de la population vivent avec moins d’un dollar par jour. Cependant, malgré cette situation, on note un gaspillage très important des ressources financières, maintenant ainsi beaucoup de familles dans une pauvreté cyclique.
En effet, les femmes ont une tendance à faire souvent du report d’une cérémonie comme le baptême, non pas pour s’épargner des dépenses non nécessaires mais, bien au contraire, pour mieux faire dans la prodigalité. C’est-à-dire prendre davantage de temps pour glaner ça et là des sommes d’argent supplémentaires, qu’elles vont malheureusement dilapider en un après midi. Et souvent c’est des mois de durs labeurs, péniblement thésaurisés dans des « tontines » (épargne associative) qui partent en fumée en seulement quelques heures !.
Les cérémonies religieuses, notamment les célébrations d’un retour de pèlerinage des Lieux Saints ne sont pas en reste.  Elles sont devenues des occasions de rivalités inopportunes. On rivalise en alignement de nombre de bovidés et en dépenses de prestige, avec en toile de fond les dépenses ostentatoires du maître de cérémonie, s’érigeant pour la circonstance en distributeur automatique de gros billets de banque, faisant sans retenue étalage de son occasionnelle force de frappe financière, sous les dithyrambes intéressés de « ses » communicateurs traditionnels, qui ne tarissent pas – et pour cause – d’éloges à son égard, en psalmodiant son arbre généalogique (en lieu et place de louages à Allah et de Son Message, qu’on est pourtant sensé allé honorer à la Mecque !). Si bien que cette occasion de consécration, par des actions de grâce, de ce cinquième pilier de l’Islam est de nos jours complètement galvaudée.
Il y a aussi les dots faramineuses qui ont fini par constituer un véritable facteur de blocage, décourageant les jeunes gens à prendre femme. Comme le disait un écrivain et député sénégalais Abdou Latif Guèye, « c’est comme si certains parents véreux procédaient à une vente aux enchères de leurs jeunes filles, en âge de se marier !« .  Et les résultats sont là, déplorables : de nombreux jeunes garçons, économiquement modestes, rechignent à pendre femme.  Enfin, on n’hésite même plus à refuser à un malade moribond le plus modeste soutien, dans ses frais médicaux, pour ensuite, paradoxalement, se retourner pour consentir des dépenses faramineuses aux funérailles, dés lors que l’on vous annonce le décès de celui qui aurait peut être pu être sauvé, s’il avait été soutenu dans l’acquittement d’une petite ordonnance médicale.
Pourtant, pour juguler ce mal, au Sénégal,  l’Etat a voté une loi depuis 1967 (la loi 67-04 du 24 février 1967). Malheureusement, cette loi n’a jamais été abrogée. Ainsi c’est pour lutter contre le phénomène des gaspillages excessifs qui ponctuent les cérémonies familiales et religieuses au sénégal, malgré une loi qui l’interdit, que le programme d’AdC-Sénégal a développée la stratégie des conventions locales de lutte contre le gaspillage (CLG).
La convention de lutte contre le gaspillage est un ensemble de règles concertées et acceptées par un ou des groupes organisés pour réduire toutes formes de gaspillage dans les cérémonies familiales. L’acceptation et l’application de ces règles définies visent à célébrer les cérémonies de la même manière dans nos quartiers ou villages afin d’éviter toute forme de gaspillage et de discrimination sociale.
La convention de lutte contre le gaspillage vise à rationaliser les dépenses et éliminer toute forme de discriminations sociales liées aux cérémonies familiales.
Les organisations initiatrices de ce programme,  avec leurs équipes techniques d’animation, accompagnent les groupes cibles tout au long du processus de négociation, mise en place  et suivi de la mise en œuvre de la convention.
Les organisations communautaires porteuses de ladite convention sont composées des groupes bénéficiaires du Programme Par Pays (PPP), des hommes et femmes vivants en milieu rural et regroupés dans des familles, des groupements, des exploitations familiales, des villages et des unions locales de pêcheurs. Elles identifient ce qui est considéré comme gaspillage (définir et caractériser les règles ainsi que les identifiants du gaspillage), définissent les règles, et accompagnent les populations dans le choix des membres des comités de suivi/évaluation. Ces derniers ont pour rôle principal de veiller aux respects des dispositions de la convention par les signataires.
La mise en place d’une convention s’inscrit dans un processus à moyen terme (entre 08 et 10 mois suivant les partenaires). Les activités suivantes sont nécessaires pour aboutir à une convention acceptée par les différentes parties.

Caractéristiques d’une convention locale de lutte contre le gaspillage (CLG)

Quatre éléments décrivent une CLG pour les partenaires d’AdC-Sénégal :

  1. Existence de règles consensuelles,
  2. Existence d’un comité de suivi/évaluation
  3. Existence de signataires (au moins 02 signataires)
  4. Application des règles consensuelles relatives à des cérémonies définies au départ.

Les Étape de la négociation d’une convention

La négociation d’une convention peut se dérouler en quatre (04) étapes.

Étape 1 : L’animation

Étape 2 : Lutte contre le gaspillage

Étape 3 : La mise en place des comités

Étape 4 : Le suivi de la mise en œuvre

 

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